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Incidences de l'ajustement structurel sur la sécurité alimentaire des ménages en AfriqueDes déficits insupportables de leur balance des paiements et de leur budget ont conduit la plupart des pays d'Afrique subsaharienne à prendre certaines mesures en vue d'ajuster leurs politiques économiques. Ils ont dû, notamment, dévaluer leur taux de change, restructurer leurs politiques fiscales, adopter une discipline monétaire et rationaliser leurs taux d'intérêt, tout en redéfinissant le rôle de l'Etat dans l'économie. Alors que l'on craignait le pire, les conséquences de cette politique d'ajustement sur la sécurité alimentaire ne sont pas uniquement négatives. Les effets des réformes sont confondus avec la crise économique qui a rendu nécessaire le changement. Les interventions de l'Etat sur les marchés, censées promouvoir la sécurité alimentaire, tendent à engendrer des distorsions qui ne rendent aucun service à ceux qui vivent dans l'insécurité alimentaire. Bien que la stabilisation et le subventionnement des prix des denrées alimentaires, les subventions dont bénéficient les engrais, le libre accès aux soins de santé, etc., soient amplement justifiés, on ne prête pas suffisamment attention à la viabilité et à la faisabilité administrative de ces mesures. Dans ces conditions, les politiques interventionnistes manquent leur but et laissent les groupes cibles les plus défavorisés dans le besoin. Les pertes dues aux coûts d'opportunité élevés des interventions directes du gouvernement sur le marché affaiblissent le processus de développement et compromettent encore davantage la réalisation de l'objectif visé qui est d'améliorer la sécurité alimentaire. On note, par exemple, une amélioration marginale du niveau de vie des petits propriétaires dans les zones rurales, y compris des consommateurs nets de produits alimentaires, proportionnelle au rééquilibrage des termes de l'échange entre zones urbaines et rurales associé à l'ajustement. De même, pour les pauvres des zones urbaines engagés dans des activités du secteur informel, le renforcement des activités commerciales et la disponibilité accrue de biens de consommation comportent quelques avantages, Certes, parmi les fonctionnaires qui ont perdu leur emploi, les revenus réels ont baissé et la sécurité alimentaire s'est dégradée, mais les salaires réels des fonctionnaires en service ont augmenté. Il faudrait trouver le moyen de créer des emplois décemment payés, sans s'appuyer pour cela sur le maintien d'un secteur public inefficace. Néanmoins, la lenteur avec laquelle les distorsions sont redressées, l'agriculture de subsistance pratiquée par beaucoup de petits propriétaires et les obstacles institutionnels amoindrissent les bénéfices potentiels de l'ajustement. Le désengagement de l'Etat peut créer un vide, que le secteur privé ne réussit pas à combler. Les échecs commerciaux et l'absence de débouchés réduisent les améliorations du revenu promises par un ajustement orienté sur les prix. Les réformes n'améliorent pas toujours le bien-être des pauvres, notamment à court terme; mais, à moyen et à long terme, la croissance économique et la réduction de la pauvreté passent nécessairement par le rétablissement de l'équilibre macro-économique. Pour atteindre ces objectifs, les gouvernements pourraient devoir investir dans le capital humain et mettre en place un dispositif de sécurité approprié pour les pauvres, tout en favorisant le développement de l'infrastructure, la recherche agricole et l'élaboration de codes d'investissement appropriés. |
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