Depuis l'identification du virus de l'immunodéficience humaine en 1983, jamais dans l'histoire de la médecine, le passage à la chronicité d'une maladie n'a été aussi rapide que dans le cas du SIDA. De fait, depuis l'initiation de la mono-thérapie par AZT (Zidovudine) au milieu des années 1980, le tournant vers la chronicité de la maladie se situe en 1996 en Europe de l'Ouest, avec l'adjonction des inhibiteurs de protéase à deux analogues nucléosidiques pour faire une trithérapie antirétrovirale. Par la suite, la découverte et la facilité d'administration des analogues non nucléosiques de la reverse transcriptase à la fin du 20è siècle, a permis une vulgarisation encore plus large du traitement antirétroviral, notamment dans les pays en voie de développement. Ainsi, l'espérance de vie actuelle d'un patient séropositif bien suivi, au diagnostic est d'environ vingt à trente ans, superposable à celle de la population générale pour la tranche d'âge considérée. L'infection à VIH est donc bien devenue une maladie chronique, grâce à la trithérapie antirétrovirale.