Il apparaît selon les résultats de notre étude que même si les populations ont majoritairement recours aux formations sanitaires pour leurs problèmes de santé, il n’en demeure pas moins que c’est seulement 86,2% d’entre elles qui achètent toute la quantité nécessaire au traitement de leur maladie, 83,8% ont une connaissance précise de la posologie des médicaments prescrits et seulement 73,1% prennent tous les médicaments. Toutefois nous pouvons relever que l’étude ayant considéré seulement les populations avoisinantes des centres de santé, cela peut apporter un biais dans le calcul de l’indicateur de recours aux formations sanitaires. Les populations les plus proches des structures sanitaires seraient plus attirées par elles que celles qui sont plus éloignées.
On pourrait également s’interroger sur la provenance des différences de consommation observées entre les zones géographiques:
En raisonnant effectivement en termes de groupes sociaux, par exemple les consommations moyennes dans les différentes zones géographiques de l’étude, on constate des écarts importants dans les dépenses de médicaments effectuées par les ménages.
Le rapport entre les dépenses de médicaments des ménages de Bamako avec celles des régions est de 2,5 et 3 respectivement pour Sikasso et Ségou et de 5,4 pour Mopti.
Aussi il apparaît uniformément que les régions qui ont un niveau de revenu plus élevé dépensent beaucoup plus en médicaments.
Le niveau de disponibilité des médicaments du panier n’est pas très différent entre les différentes régions de l’étude. Il est de 52,2 jours de rupture de stock sur 365 et 51,3 jours respectivement à Sikasso et à Mopti, et de 46 jours à Bamako et 34,4 jours à Ségou. Ce qui ne permet pas d’inclure le motif d’indisponibilité physique pour expliquer les différences de consommation observées entre les régions.
Les différences s’expliqueraient essentiellement par des considérations purement économiques, les médicaments coûteraient chers pour les gens les plus pauvres (à Mopti par exemple les populations achètent les médicaments sans consultation).
Mais interviennent secondairement des facteurs culturels car les régions de Sikasso et Mopti sont relativement plus attachées à la médication traditionnelle et 70,8% des chefs de ménages n’ont pas été à l’école ou ont un niveau d’instruction primaire.