En 2002, la surveillance sentinelle de l'infection à VIH permettait d'estimer la séroprévalence du VIH au Cameroun à 11,8% (contre 0,5% en 1986). On considérait alors qu'environ 920 000 personnes vivaient avec le VIH/SIDA. les groupes les plus vulnérables étaient: les jeunes de 15 à 24 ans (30% des cas déclarés) et les femmes (60% des cas). Par ailleurs, le nombre total d'adultes et enfants morts du SIDA était d'environ 53 000.
En 2003, l'Enquête Démographique de Santé (EDS III) qui prenait en compte l'ensemble de la population camerounaise, a permis d'estimer à 5,5% la séroprévalence du VIH. L'étude détaillée des résultats de l'EDS III, a fait ressortir le caractère généralisé de l'épidémie et a confirmé la vulnérabilité des groupes cités précédemment.
Face à l'ampleur de l'épidémie à VIH, le Cameroun a opté pour une approche multisectorielle de la lutte contre le VIH/SIDA dès l'an 2000. C'est ainsi que le plan national de lutte contre le SIDA a été élaboré. Plusieurs plans sectoriels s'en sont suivis. Le plan du secteur santé quant à lui a été validé en novembre 2004.
Ce plan repose sur les axes stratégiques suivants: (1) la prévention de la transmission du VIH par voie sexuelle, (2) la prévention de la transmission du VIH par voie sanguine (3); La prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (4); la prévention et la prise en charge des IST (5); La prise en charge globale des cas de VIH/SIDA.
En ce qui concerne plus particulièrement la prise en charge globale des cas, l'objectif principal vise d'ici 2006, à réduire d'au moins 25% la morbidité et la mortalité des PVVS en assurant leur prise en charge médicale (ARV, médicaments IO et traitements palliatifs) et psychosociale.
Les stratégies pour atteindre cet objectif consistent en (1) la consolidation des CTA existants;(2) le développement de l'offre des services;(3) le développement d'une politique sociale de solidarité pour l'accès équitable aux ARV, aux médicaments des infections opportunistes et au suivi biologique notamment pour les femmes;(4) le développement des ressources humaines et infrastructures.