Certes les objectifs d’utilisation des médicaments de la liste nationale des médicaments essentiels, sont atteints (l’objectif recherché par la PPN est de 80% des médicaments), mais la symptomatique dans l’organisation de l’approvisionnement est la persistance des ruptures de stocks de médicaments, ce qui compromet dangereusement la continuité des soins. La solidité du système d’approvisionnement doit reposer sur un meilleur fonctionnement des entrepôts pour que ce système soit régulé. Cela ne doit pas faire perdre de vue que les procédures de bonne gestion de l’approvisionnement sont déficitaires au niveau des agents du système pharmaceutique dans les formations sanitaires (existence de proportion élevée de périmés, ruptures de stocks équivalentes, conditions de conservation médiocres). Il faut donc avoir le souci de cohérence entre tous les agents, le souci de responsabilisation de tous.
Il semble que les mesures relatives à l’information des prescripteurs, soient isolées car les prescripteurs bien que disposant des guides et formulaires ne respectent pas les schémas proposés dans ces outils. Le problème n’est pas de disposer de plus d’informations qui sont supposées améliorer les prescriptions, il serait plus complexe et mérite d’être étudié de plus près.
Les populations ont recours aux structures sanitaires et les prix des médicaments leur permettent de se soigner, mais des efforts restent à faire au niveau des prescripteurs pour améliorer l’accessibilité économique en rationalisant la qualité de la prescription. Aussi des mesures de sensibilisation des populations s’imposent pour améliorer leur recours et leur utilisation des produits pharmaceutiques.
L’enquête a révélé des inégalités de consommation des médicaments entre les régions géographiques de l’étude, notamment le rapport entre la consommation du district de Bamako et celle des régions du pays, il semble que ces consommations soient influencées par le pouvoir d’achat des malades.
Le prix de vente du médicament essentiel sous DCI n’est pas identique sur tout le territoire que ce soit dans le secteur public ou privé. Ce prix selon l’exemple du cotrimoxazole comprimés peut varier du simple au double d’un point de vente à l’autre dans le secteur public comme dans le secteur privé.
Ceci est dû probablement au non respect de l’application du coefficient multiplicateur. En effet malgré la liberté des prix au Mali, la réglementation a fixé pour les médicaments essentiels, des coefficients multiplicateurs (Prix cession PPM= Prix CAF x 1.325; Prix cession DRC ou Hôpitaux = 1.15 x Prix cession PPM; Prix cession CSCOM= 1.20 ou 1.30 x Prix cession DRC).
Le coefficient initial qui normalement est de 1.325, peut aller jusqu’à 2 voir plus, au niveau de certains points de distribution.
Les principales recommandations sont:
* appliquer correctement la réglementation au niveau des points de distribution des produits pharmaceutiques, en utilisant le coefficient multiplicateur fixé par les autorités sanitaires; ceci accroîtrait de façon considérable l’accessibilité financière des médicaments
* améliorer la gestion des stocks pour remédier au problème de rupture de stock dans les magasins régionaux de la Pharmacie Populaire du Mali
* réaliser une étude par les autorités sanitaires pour comprendre les raisons du non respect des schémas thérapeutiques standards par les prescripteurs afin de définir des interventions appropriées, par exemple organiser une conférence de consensus avec les prescripteurs afin de définir la conduite à tenir.
* améliorer l’accueil au niveau des formations sanitaires et des points de dispensation publics pour les rendre plus attractifs pour les populations
* former et informer les professionnels de santé mais aussi les populations pour réduire le gaspillage dû à des prescriptions et utilisations irrationnelles des médicaments.
* améliorer la qualité des conditions de conservation et de stockage des produits pharmaceutiques au niveau des CSCOM.
*associer les responsables des ASACO à l’équipe lors des supervisions réalisées par les structures techniques de la santé.
* réaliser une enquête ménage plus approfondie par les autorités nationales pour mieux apprécier l’accessibilité financière de la population aux médicaments.