La santé de la population du Sénégal demeure précaire malgré les progrès réalisés. Le rapport 2000 de l'OMS sur la santé dans le monde classe le Sénégal à la 151éme place sur un total de 191 pays pour ce qui est du niveau de santé de sa population. Les dépenses de santé représentent 2.6% du PIB en 2000, soit 12 US$ par an et par habitant3.
3 Rapport PNUD 2000
La mortalité infantile est de 63,3 pour mille (ESIS 2000). Les causes en sont les maladies infectieuses et parasitaires endémiques et émergentes liées à l'environnement ainsi qu'à l'état de pauvreté de la population.
La mortalité juvénile est estimée à 84 pour mille (ESIS 2000). Elle est plus marquée en milieu rural avec un taux de 171 pour mille. Les principales causes en sont la diarrhée (21%), les maladies respiratoires (23%), le paludisme (9%). La malnutrition (20% dont 1,2% de formes graves) et la faible couverture vaccinale y ont également fortement contribué. Seuls 42 % des enfants âgés de 12 à 23 mois ont reçu tous les vaccins en 2000 et les enfants complètement vaccinés ne représentent que 41% de la cible en 2001.
Ces indicateurs alarmants ont fait que le Sénégal a opté pour un programme de prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME).
La mortalité maternelle est très élevée. Elle est estimée à 510 pour 100.000 naissances vivantes au niveau national (450 en zone urbaine et 950 en zone rurale, atteignant plus de 1000 dans les régions les plus démunies comme Kolda). Les causes directes sont les hémorragies (41%), les infections (20%), les états hypertensifs et l'éclampsie (7%). Les causes indirectes sont surtout le fait de l'état de santé précaire des femmes dû à la pauvreté, à la faiblesse du suivi pré- et post-natal et des conditions d'accouchement; 14% des femmes enceintes n'ont recours à aucun suivi, 51% des femmes accouchent à domicile. Seuls 6 districts sur 50 réunissent les conditions pour offrir des services obstétricaux et néonataux d'urgence. Enfin, un faible recours à la contraception (seulement 9%).
Maladies Transmissibles
Paludisme4: Le paludisme sévit à l'état endémo-épidémique au Sénégal. Chaque année, environ 600.000 cas de paludisme présumés sont enregistrés dans les structures de santé avec 8000 décès. Ils représentent 35% des motifs de consultation. Le paludisme constitue l'une des principales causes de mortalité infantile. La résistance à la Chloroquine a atteint des taux alarmants en 2003 et le pays s'est engagé dans la voie de changement de thérapie antipaludique.
4 MSHP/DS/DMT/PNLP: Atelier national de consensus sur la politique de traitement antipaludique au Sénégal - Juin 2003
VIH/SIDA: Le taux de prévalence moyenne nationale est de 1,4%. Cependant la migration et la prostitution constituent des facteurs de risque permanents; ainsi des taux de prévalence de 15% à 30% sont enregistrés dans le groupe des prostitués.
Tuberculose: En 2000, 8934 cas de tuberculose toutes formes confondues ont été notifiés, dont 5823 nouveaux cas contagieux. La stratégie DOTS est appliquée dans la prise en charge des cas. La prise en charge des cas est gratuite sur l'ensemble du territoire.
Schistosomiase: La bilharziose urinaire existe partout au Sénégal avec des zones de fortes prévalences telles que les régions du Nord (83 % dans le district de Dagana) et du Sud (76% dans le district de Goudiry). Quant à la bilharziose intestinale, elle a connu une véritable explosion avec l'avènement des barrages à partir de 1998. Elle évolue actuellement sous forme épidémique dans le delta du fleuve Sénégal où, selon les résultats de l'enquête du projet Espoir en 1998, la prévalence varie de 44% à 81%.
Diarrhées: elles sont responsables de 7,1 % des consultations en 2001. Les enfants payent un lourd tribut en terme de mortalité, de morbidité et de malnutrition avec le cercle vicieux diarrhée/malnutrition.
IRA: les maladies respiratoires ont occasionné 7,8 % des consultations en 2001. La pneumonie en constitue la principale menace.
Onchocercose: sévit dans les régions orientales.
Maladies non Transmissibles
Les maladies non transmissibles notamment le diabète, le cancer, les maladies cardio-vasculaires (HTA surtout) et les maladies mentales touchent une frange importante de la population. Elles ont un poids de plus en plus important sur la morbidité et la mortalité.
Les changements de styles de vie, ainsi que l'augmentation de la population âgée contribuent de façon significative à ce phénomène.