Pour chaque pathologie, 10 cas sont étudiés au niveau de chaque FSP.
1. Diarrhée non bactérienne
a. % de SRO
Les SRO sont prescrits en cas de diarrhée non bactérienne avec une médiane à 30%. Il n'y a aucune prescription de SRO dans le tiers des FSP sur 30. Au total, dans 60% des FSP, la prescription de SRO ne dépasse guère 50%.
On note une grande disparité entre Kaolack, 81.6% et Tamba, 21.7%.
Tableau n°21: Prescription des SRO dans la diarrhée non bactérienne
% SRO |
0% |
1% à 50% |
51% à 75% |
76% à 90% |
> 90% |
% de FSP |
33% |
27% |
7% |
13% |
20% |

b. % d'antibiotiques
La médiane est à 80% des cas. Seules 2 FSP n'ont pas prescrit d'antibiotiques à leur malades. Mais, dans 8 FSP, les antibiotiques ont été prescrits à 100% des malades et dans 12 autres à plus de 60% des malades.
c. % antidiarrhéiques/antispasmodiques
La médiane est à 10% des cas. Dans 2 FSP, ces médicaments ont été prescrits à tous les malades, dans 5 autres à plus de 60%. Mais, aucune prescription de ces médicaments n'a été notée dans 13 FSP.
Tableau n°22: Comparaison de la prescription régionale des médicaments dans la diarrhée non bactérienne
| |
Dakar |
Fatick |
Kaolack |
St-Louis |
Tamba |
Nationale |
% SRO prescrits |
30 |
42.7 |
81.7 |
38.3 |
21.7 |
42.67 |
% d'antibiotiques |
58.3 |
70 |
21.7 |
81.7 |
90 |
64.3 |
% d'antidiarrhéiques |
48.3 |
18.5 |
36.7 |
10 |
15 |
25.7 |

d. Conclusion
Le protocole de traitement de la diarrhée non bactérienne n'est pas respecté, car on devrait avoir 100% de prescription de SRO et 0% pour les autres médicaments, ce qui est loin d'être le cas: voir figure ci-dessus. Il y a, en plus du risque sanitaire à consommer des médicaments non indiqués, une perte de ressources financières importante avec la prescription d'antibiotiques et/ou d'anti-diarrhéiques ou d'antispasmodiques. C'est également une situation qui peut entraîner des problèmes de résistance.
La région de Kaolack a le meilleur profil; partout ailleurs on note une utilisation excessive d'antibiotiques et d'antidiarrhéiques et pas assez de SRO.
2. Pneumonie
a. % d'un antibiotique conforme
La prescription d'antibiotique conforme au standard se fait avec une médiane de 90%; Plus de 76% des FSP prescrivent des antibiotiques conformes à plus de 76% des malades, avec 46% des FSP qui le font à 100% des malades. Cependant, dans près de 16% des FSP, moins de 50% des IRA avec pneumonie sont traitées avec un antibiotique conforme.
Tableau n°23: Prescription d'antibiotique conforme dans la pneumonie
% d'antibiotiques conformes |
0% à 50% |
51% à 75% |
76% à 90% |
>90% |
% de FSP |
16.6% |
6.6% |
30% |
46.6% |

Toutes les FSP de la région de Tamba sont à 100%.
b. % de plus d'un antibiotique
En moyenne, il n'y a prescription de plus d'un antibiotique que dans 1,67% des cas. N.B.: Ces informations n'ont pas été relevées à Tamba (6 FSP sur 30).
En fait, seules 4 FSP ont donné plus d'un antibiotique et ce dans 10% des cas à chaque fois.
c. Conclusion
Si la prescription de plus d'un antibiotique est rare, il est par contre inquiétant de voir que près de 20% des cas supposés de pneumonie ne sont pas traités par un antibiotique conforme et que dans 16% des FSP, les cas ne sont correctement pris en charge qu'à moitié..
3. IRA sans pneumonie
a. % d'antibiotique
La prescription d'antibiotique se fait avec une médiane à 90% des cas. 46% des FSP donne des antibiotique à plus de 90% des malades. Et ce sont près de deux tiers des FSP qui en donne au moins aux trois quarts de leurs malades.
Tableau n°24: Prescription d'antibiotique dans les IRA non pneumonie
% d'antibiotiques |
0% à 50% |
51% à 75% |
76% à 90% |
>90% |
% de FSP |
13.3% |
20% |
20% |
46.6% |

b. Conclusion
Le score est pratiquement identique à celui des IRA avec pneumonie, ce qui signifie que le diagnostic des IRA n'est pas correctement établi. On se retrouve donc avec un gaspillage de ressources et un danger sanitaire et un risque de résistance. Ces pourcentages traduisent l'incapacité des prescripteurs à poser le diagnostic correct de la pneumonie.
4. Paludisme
a. % de chloroquine
Le traitement de première intention du paludisme simple se faisait avec la chloroquine lors de l'enquête: c'était le médicament de première intention choisi par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
La chloroquine est prescrite avec une médiane à 75%. On constate que 7 FSP sont à 100%, 15 FSP sont à 80% et plus. Cependant, dans les 15 autres on a moins de 80% de prescription de la chloroquine.
b. % de quinine
La quinine est utilisée dans les cas compliqués de paludisme selon les recommandations du PNLP.
La quinine est prescrite dans 50.3% des cas de paludisme. Il y a une prescription excessive de Quinine.
c. Conclusion
La conclusion importante à noter est que le respect des schémas thérapeutiques standards n'est pas effectif au niveau de beaucoup de FSP.
Cependant, dans le cas du paludisme, le Sénégal, confronté à la chloroquinorésistance, est dans le processus de changement de thérapie antipaludique. Sur le terrain, il y a déjà des adaptations qui sont en train d'être faites. Ceci peut expliquer certains chiffres. D'ailleurs, un atelier national de consensus a été organisé et a abouti à la recommandation suivante: le traitement du paludisme simple en première intention se fait avec la combinaison Amodiaquine + Sulfadoxine/Pyriméthamine, en attendant que les dérivés de l'Artémisinine soit disponibles dans le secteur public.